Le concept est particulier et ne peut qu’attirer une population d’amateurs. La déco est sobre, peut paraitre froide à
certains.
En rentrant dans ce restaurant très « bon chic bon genre » d’aspect, on se demande si la cuisine est à hauteur des
prix annoncés et surtout si le vin est vraiment roi.
L’accueil est cordial, soigné, bien.
Belle vaisselle, des verres très élégants, des nappes blanches immaculées et une carte qui se résume en 2 pages… Plutôt
surprenant pour un restaurant possédant de nombreuses références de vins.
Reparlons du concept. Pour le déjeuner 4 menus : express à 50€ (entrée, plat, dessert un verre de vin accompagne chaque
plat), à l’aveugle à 75€ (entrée, plat, fromage et dessert, 4 verres de vin), menu cèpes à 190€ (entrée, 2 plats, fromage, dessert 5 verres de vins connus à l’avance), menu premières truffes
blanche 390€.
Il y a aussi la possibilité de prendre un plat. Il sera choisi par le chef en fonction du verre de vin que vous prenez. Les
combinaisons vont de 25€ à 70€.
Dernière possibilité : descendre à la cave, choisir une bouteille, le chef vous concocte un menu en fonction de votre
choix.
Le moins que l’on puisse dire c’est que tout est complètement centré autour du vin, c’est une première confirmation.
Nous optons pour la formule à l’aveugle. Nous ne savons ni ce que nous allons manger ni ce que nous allons boire.
A l’apéritif nous choisissons un pinot gris Italien. Simple léger et floral.
L’entrée est une porchetta de lapin froide servie avec un jus de veau. La porchetta est confectionné comme une terrine : le centre est garni
de légumes frais, de pancetta et d’un œuf de caille dur ; le tout entouré de chair de lapin. C’est frais et extrêmement fin.
Le premier vin possède une robe claire aux reflets verts. Le nez est minéral, végétal et floral. La bouche possède un bel
élan, porté par l’acidité. La fin de bouche est « grassouillette ». Par élimination je vais vers la Savoie. Mais bien sur….C’est un sancerre 2006 de chez Vacheron.
Le plat est un filet mignon de veau servi rosé, accompagné d’un jus aux truffes et de cèpes confits. Ce plat est une merveille ! Le veau et
les cèpes (fondant, au cœur moelleux ; un délice) bénéficient d’une cuisson parfaite.
Le vin est bien évolué. Un nez sur la truffe, le café et le pruneau. Une bouche dense, puissante, aux tanins raffinés et à la
finale « thé noir ». Ce vin est racé et nous épate. C’est un Hermitage La chapelle 1995, servi en magnum. Accord grandiose !
Le Fromage est un comté millésimé 2003. Une pure merveille entre la puissance aromatique et la finesse de texture. Il est accompagné de son plus
fidèle compagnon, un vin jaune du jura de Jacques Puffeney.
En dessert, nous avons droit à un tiramisu crémeux et fondant à souhait. La texture est aérienne, ça fond, c’est bon, je fonds. Il est accompagné d’un
vin servi dans un verre noir. Au nez je pars tout de suite sur un muscat (nez d’abricot). La bouche est effervescente et là bingo, c’est un moscato d’asti. Tout faux, c’est un birbet. Vin rouge
Italien pétillant. C’est gourmand, facile à boire (4%), et l’accord avec le tiramisu fonctionne très bien.
Pour terminer, nous dégustons la cuvée 7 de chez Kracher, servie en double magnum. Nez imposant, liqueur énorme, balancée par
une magnifique acidité. Un vin hors norme, qui régale !
Superbe repas. La cuisine est raffinée, les accords réussis et le service impeccable (mêlant simplicité et sérieux). Le vin
est roi, il est l’élément central autour duquel tout gravite. Le rapport qualité prix me semble correct puisque pour deux nous payons 162€.
A recommander à tous les hédonistes curieux.
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